Girondins de Bordeaux

Football, Ligue 1 (26e journée) : avant Paris SG / Bordeaux : They risk...but they risk énormément...

22 février 2020 à 22h15
Jimmy Briand, le meilleur buteur actuel girondin, se verrait bien inscrire le 100e but de sa carrière au Parc...à condition qu'il serve à quelque chose et donne des points à son équipe
Crédit photo : ARL Christophe Monzie

Certes, ils n'iront pas risquer leur vie et leur notoriété à courir aux Bains Turcs en sifflotant "Tea for two" comme les héros du film de Gérard Oury. Mais la petite Vadrouille qui attend nos Girondins à Paname aura quand même tout d'une épopée, face à un PSG qui sort de deux matches calamiteux à Amiens puis Dortmund, tout en ayant limité la casse, et qui va sûrement aligner ses meilleurs artilleurs contre Bordeaux, comme il le fait toujours. Limiter la casse, c'est aussi ce que les Girondins devront commencer par faire, avant d'espérer, si les planètes s'alignent, passer en zone libre, même sans hélice hélas, et chaparder ainsi un butin qui relèverait de l'exploit.

La statistique fait mal à la tête ou incite à se gratter le menton : depuis leur dernier titre de Champion de France en mai 2009, 4 fois seulement les Girondins sont parvenus à tondre la laine sur les dos des Parisiens, toutes compétitions confondues, que ce soit à Bordeaux ou dans la capitale, en 25 affrontements... Et la dernière en date remonte au 15 mars 2015 à Chaban Delmas (ils n'ont jamais gagné au Matmut) avec un 3-2 qui avait fait sortir de ses gonds Maître Zlatan, se répandant en mots choisis sur le pays qui l'accueillait et lui permettait d'empocher 14 millions d'euros annuels...Peccadille : un salaire qu'aujourd'hui, Kylian Mbappé gagne en 4 mois...Autres temps, autres moeurs. A mesure qu'avec l'arrivée des Qataris au début des années 2010, le PSG augmentait rapidement son aura, puis imposait son hégémonie sur l'Hexagone, à l'aune d'une intarissable fontaine alimentée par les pipe-lines du pays de l'or noir, les Girondins perdaient peu à peu les leurs (exception faite d'une Coupe de France gagnée aux forceps contre Evian TG en 2013), au point d'accomplir une saison blanche l'année dernière sans le moindre trophée national ni même un strapontin pour l'Europa League. Les médisants diront qu'on ne peut être et avoir été, ni vivre trop longtemps au-dessus de ses moyens quand lesdits moyens de "subsistance" ne proviennent que de France, à l'échelle de notre économie intra-muros. Le PSG lui, est sur une autre planète dans ce domaine, et il l'est aussi - encore heureux - sur le plan sportif, avec quasiment les meilleurs joueurs d'Europe, sinon du Monde, à chaque poste, même s'il lui arrive - quelquefois, et même lorsqu'il semble au complet - de vaciller sur son trône et montrer un côté sombre qu'on ne lui supposait pas. L'expédition amiénoise du week-end passé, où l'on eût dit les Parisiens chaussés de péniches (ce qui est bien la moindre des choses en Picardie...) avec une équipe remixée façon mayonnaise sans couvercle, a failli tourner à l'accident culinaire, mais à Dortmund ce mardi, c'étaient bien les titulaires, dans un schéma technico-tactique tellement "terrifique" que personne, à commencer par les joueurs eux-mêmes, n'y retrouva ses chèvres, qui ne mirent pas un pied devant l'autre et frôlèrent le pire. Dans les deux cas, on a nettement l'impression que c'est le talent seul des joueurs parisiens, et leur précision hors normes balle au pied, bien plus que les consignes de tableau noir ou la dissection du jeu de l'adversaire, qui permirent de sauver les meubles. A Amiens, c'est uniquement parce que les Picards oublièrent qu'il n'était pas interdit de défendre sur les corners que le PSG évita la déroute. En Allemagne, c'est parce que Navas fut impeccable et que Neymar et Mbappé eurent le bon goût de convertir en but leur seule occasion du match menée conjointement que Paris peut aujourd'hui entretenir l'espoir, même s'il lui faudra montrer autre chose au retour. Alors, bien sûr, comme il y en aurait chez tout autre géant d'Europe ainsi contesté, il y a de la fierté, et une volonté bien légitime de démontrer au plus vite que ces deux gabegies n'étaient qu'accidents de parcours. Sans compter la sortie de route de l'OM ce samedi à domicile contre Nantes (1-3) qui leur offre une occasion royale de faire déjà un grand pas vers le titre en s'octroyant la bagatelle de 13 points d'avance...Le malheur veut que sur la liste, le prochain invité s'appelle Bordeaux. Et que les critiques acerbes qui se sont abattues sur les récents choix tactiques de Tuchel et sa gestion d'un effectif au sein duquel (même si le refrain est connu) egos et frustrations commencent à émerger avec insistance, amènent le technicien allemand à revoir ses batteries pianissimo et opter pour un schéma moins tarabiscoté ce dimanche, avec chacun à sa place et la meilleure équipe possible, comme ce fut sans exception le cas depuis 4 ou 5 saisons dès qu'il s'est agi de se mesurer à la capitale des vins de France. Certes, Bordeaux n'a jamais battu le PSG depuis 5 ans. Mais force est de constater qu'il n'a jamais non plus joué contre une équipe Bis ou des joueurs qui n'évoluaient pas à leur poste, les entraîneurs parisiens successifs n'ayant pas choisi Bordeaux comme adversaire pour leurs expériences de laboratoire. C'est peut-être une preuve de respect, en tout cas l'assurance qu'à Lutèce, on ne considère pas ce match comme gagné d'avance. Les Girondins, qui seront quasiment au complet (une incertitude pèse sur la participation de Rémi Oudin) n'ont à priori rien d'autre à perdre que leur invincibilité qui dure depuis maintenant 5 rencontres et quelques illusions d'Europe supplémentaires. Auront-ils élaboré cette semaine une tactique prudente qui leur permette d'endiguer la vague parisienne, comme ils y étaient presque parvenus au match aller au Matmut le 28 septembre (0-1) sans la glissade de Pablo aux conséquences immédiates, à 20 minutes de la fin ? A en croire Jimmy Briand, oui, le meilleur buteur girondin caressant l'espoir d'entrer dans le club des 100 en inscrivant le 100e but de sa carrière en Ligue 1 dans un stade chargé de gloire et face à un adversaire prestigieux. Bordeaux relèvera-t-il le périlleux défi de jouer comme il l'avait fait il y a deux ans, alors 3e au général avant ce match, avant de se faire laminer (6-2) et de traîner comme un traumatisme ce camouflet pendant les 3 mois qui suivirent ? Bref, on l'a compris, qu'ils se rendent dans la ville Lumière munis de la herse et du trousseau de clés, ou bien la fleur aux dents, "it is very dangerous. They will risk on the deux tableaux"...Alors, faites donc vos jeux, autour d'un...thé pour deux. Ecoutez les réactions de Jimmy BRIAND, l'attaquant du FC Girondins de Bordeaux, et Paulo SOUSA, l'entraîneur du FC Girondins de Bordeaux, au micro de Christophe Monzie. Pour entendre également des réactions parisiennes et l'entretien avec notre confrère Laurent Brun, rendez-vous ce vendredi 21 février 2020 dans Le Week-End en sport à partir de 19h, puis ce dimanche 23 Février 2020 dans le mag d'avant-match de Top Chrono à partir de 20h05. Coup d'envoi : 21h, commentaires de Christophe Monzie.

Match à suivre sur toutes nos fréquences en direct intégral du Parc des Princes à Paris, sur notre site internet www.arlfm.com et sur l'appli "ARL" de votre mobile ! 

Réaction de Jimmy BRIAND

Réaction de Paulo SOUSA